Monday, January 12 2009

UBS, la plus grosse perte de l’économie suisse

Classification: Economic Life @ 13:40:58

Dans un mois, l’établissement aux trois clés dévoilera ses résultats du dernier trimestre 2008. Les analystes tablent entre 17 à 20 milliards de perte annuelle.

Le 10 février prochain, UBS annoncera les résultats du dernier trimestre 2008. D’ores et déjà, il ne fait aucun doute que cette annus horribilis marquera un triste record pour l’établissement aux trois clés: celui de la perte la plus abyssale jamais réalisée dans l’histoire de l’économie suisse.

Ainsi, quelques analystes financiers ont déjà pris leur calculette afin de tenter de cerner l’étendue des dégâts. Interrogés par le SonntagsBlick, Teresa Nielsen, de la banque Vontobel, et Andreas Venditti, à la Banque Cantonale de Zurich, estiment qu’UBS devrait boucler l’année 2008 avec un déficit de 17 milliards de francs. Soit la deuxième perte de la banque née en 1997; 2007 s’étant soldé par des chiffres rouges à hauteur de 4,4 milliards de francs.

Chiffres noirs en 2009

Un montant revu à la hausse du côté du SonntagsZeitung qui établit à 8 milliards de francs la perte d’UBS au dernier trimestre, une évaluation bien plus élevée que celle donnée jusqu’ici par les analystes. En cause: le transfert des positions «pourries» dans la société chapeautée par la Banque nationale suisse, opération supportée à hauteur de 6 milliards de francs par la grande banque.

A cela s’ajoutent des déficits supplémentaires dans la banque d’affaires américaine alors que la fuite des capitaux de la clientèle, si elle a pu être freinée, n’a pas pu être stoppée. Au total, l’hebdomadaire dominical estime à plus de 20 milliards de francs la perte annuelle d’UBS. Ce qui représente le plus gros déficit jamais enregistré par une entreprise suisse! La banque va-t-elle se fendre d’un profit warning ou attendra-t-elle jusqu’au 10 février avant de donner le coup de massue? Dans tous les cas, affirme le SonntagsZeitung, ces chiffres rouges vont à nouveau profondément choquer l’opinion publique.

UBS devra aussi trouver une issue avec la justice américaine dans l’affaire des fraudes fiscales outre-Atlantique, qui lui aurait déjà coûté, selon Sonntag, 2 milliards de francs. Un chiffre qualifié de «spéculatif» par un porte-parole de la banque. Reste que tous s’accordent à dire que le creux de la vague est désormais derrière. En 2009, comme annoncé par les dirigeants lors de la dernière assemblée générale, UBS devrait renouer avec les chiffres noirs. Tout comme Credit Suisse, dont les estimations de pertes pour l’année 2008 devraient tourner aux alentours de 7 milliards de francs, selon l’analyste Teresa Nielsen.

Quant à un nouvel apport de capitaux frais, rumeur qui avait été relayée il y a quelques semaines, il ne s’avérera pas nécessaire. Concernant les titres d’UBS, les perspectives restent encore mitigées, même si la banque reste mieux positionnée que la plupart de ses concurrents, estime encore SonntagsZeitung, pour qui les cours ne devraient pas dépasser 25 francs l’action ces douze prochains mois.

(Tribune de Genève)




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