Il y a the best et le reste

Roger Federer, qui a conservé son titre aux Swiss Indoors au terme d’une finale terne, est assuré de terminer l’année n° 1 mondial pour la 4e saison consécutive.
Non, un Nieminen n’est pas une petite friandise chocolatée multicolore que l’on mange en sachets de 50, ni un chanteur américain de rap très connu. Un Nieminen est un joueur de tennis finlandais que Roger Federer croque au petit déjeuner, ou plutôt au goûter, hier en finale des Swiss Indoors de Bâle.
Jarkko Nieminen, 29e joueur mondial, avait l’insurmontable tâche d’empêcher le Suisse de terminer l’année n° 1 mondial pour la 4e saison consécutive. Insurmontable ? Le Scandinave n’avait battu qu’un joueur du top 10 cette saison (Tommy Robredo à Cincinnati), n’avait pas disputé de finale en 2007 avant celle de Bâle, n’avait remporté qu’un tournoi de toute sa carrière (Auckland, début 2006, où il n’avait battu aucun joueur du top 20) et n’avait jamais pris un set à Federer en sept confrontations.
En face, Roger Federer, fort cette saison de 62 victoires et six titres, dont trois en Grand Chelem, pour seulement sept défaites, tuait tout suspense d’entrée. « J’ai pris trop de risques au début du match et c’est difficile de commencer un match contre Federer à 3-0 contre soi, confessait Jarkko Nieminen. J’ai commis trop de fautes directes pour pouvoir lutter contre lui ».
Pour situer le niveau des débats, Nieminen commettait 19 fautes directes en deux sets, contre… 20 pour Federer, qui se contentait de bien gérer les phases clés. Un break au début du match, un autre à la fin : c’est simple, le tennis, quand on est n° 1.
« La première fois que je suis devenu n° 1, les gens n’étaient pas au courant et ils se demandaient pourquoi je tombais à genoux en demi… »
Après 1 h 01 de jeu, Roger Federer pouvait lever les bras au ciel. Enfin, un sourire illuminait son visage. « C’est toujours une émotion incroyable, de savoir qu’on est le n° 1, surtout ici, chez moi, reconnaît le Suisse. Je me rappelle la première fois que je suis devenu n° 1. J’avais gagné contre Ferrero à l’Open d’Australie en 2004. Les gens n’étaient pas au courant et ils se demandaient pourquoi je tombais à genoux en demi… »
Quatre ans plus tard, Federer ne se lasse pas d’être le meilleur. « Je dis toujours : il y a the best et le reste. N° 1 mondial, c’est quelque chose que tu n’as pas envie d’abandonner comme ça. On te respecte, et pas uniquement parce que tu gagnes des tournois. Ça fait toujours plaisir de croiser des gens dans la rue et de les entendre dire : “Tu vois, c’est lui, le meilleur”. Et c’est aussi sympa de l’entendre de la part des autres joueurs ».
On pourrait penser que Federer va tirer le rideau pour la saison, se prendre des vacances bien méritées. « Pas du tout ! Je suis très excité à l’idée de jouer le Masters de Bercy, avec le tableau très difficile qui m’attend là-bas. Là, c’est vrai, je suis épuisé, mais c’est à cause de la pression que représente ce tournoi, parce que je connais tout le monde ici. Mais physiquement, je n’ai pas une courbature. Et puis, j’ai déjà réservé l’hôtel et le spa demain après-midi à Paris. Je l’ai payé, alors je veux en profiter ! »
Et ne comptez pas sur lui pour lever le pied en 2008 : « Chacune des saisons que j’ai terminées n° 1 était spéciale. Certaines années, je remportais beaucoup de titres. D’autres, je ne perdais que très peu de matches. L’an prochain, il y aura encore des objectifs particuliers. Les Jeux Olympiques, ça me tient très à cœur, de même que Wimbledon, la place de n° 1, Roland-Garros… »
« Franchement, ça se vit bien d’être n° 1 »
L’homme aux 546 victoires sur le circuit professionnel – le record des joueurs en activité – a la soif de vaincre d’un junior. « Comment je fais ? Vous savez, parfois, prendre cinq semaines sans spectateurs, sans médias, ça fait du bien. Et puis franchement, ça se vit bien d’être n° 1 mondial ». Accessoirement, une première place mondiale, en tennis, représente 7,5 millions de dollars en prize-money.
