Skype, une nouvelle arme pour les criminels
Les criminels profitent également des avantages du logiciel Skype, qui permet de téléphoner gratuitement d’ordinateur à ordinateur grâce à Internet. Et la société ne semble pas coopérer avec beaucoup d’ardeur avec la police.
Comme le montre une enquête d’AP, la justice suisse a connaissance de dizaines de cas dans le seul domaine du trafic de drogue. La société Skype s’estime couverte.
“Viens, on se skype”: la justice bernoise a déjà été confrontée plusieurs fois à cette invitation formulée par un trafiquant de drogue présumé sur son téléphone portable.
Trafiquants de cocaïne
Les enquêteurs ne savent toutefois pas ce qui s’est dit par la suite. Les conversations via Skype ne passent en effet pas par un serveur central. Même si les conversations pouvaient être interceptées, les données seraient inutilisables, de par le niveau élevé de cryptage.
Selon le juge d’instruction bernois, la plupart des appels téléphoniques sont destinés à des pays outre-Atlantique, souvent en Amérique du Sud. Il s’agit dans la majorité de trafics portant sur de grandes quantités de cocaïne.
Les autorités de poursuite pénale zurichoises sont également confrontées au problème, renchérit le procureur cantonal. Selon lui, les criminels savent que les autorités ont de la peine à surveiller Skype.
Surveillance difficile
Ce moyen de communication joue avant tout un rôle dans le trafic de drogue, où les écoutes téléphoniques sont fréquentes. Le recours à Skype pose des problèmes aux autorités de poursuite pénale du monde entier, relève le chef du groupe de travail sur la surveillance des communications réunissant des représentants des cantons, de la Confédération et des opérateurs de téléphonie mobile.
La surveillance est rendue difficile car les communications téléphoniques passent par diverses banques de données réparties sur tout le globe terrestre.
Jusqu’ici, personne n’a réussi à analyser et expliquer en détail comment fonctionne le programme Skype. En attendant, la police est obligée de recourir à des moyens d’écoute qui ont fait leur preuve, comme la pose de micros.

