Feu vert pour des cultures tests d’OGM en plein champ
L’Université de Zurich et de l’EPFZ pourront cultiver expérimentalement des organismes génétiquement modifiés (OGM) en plein champ. L’Office fédéral de l’environnement (OFEV) a donné son feu vert à trois demandes.
Ces tests impliquant des blés modifiés et une plante sauvage doivent se dérouler à Zürich-Reckenholz et à Pully. Greenpeace critique vertement la décision du gouvernement.
Les autorisations de cultiver des OGM en plein champ ont été délivrées à des conditions strictes, assure Bruno Oberle, patron de l’OFEV. Les terrains devront par exemple être clôturés, une distance de 300 mètres devra être respectée pour éviter la pollinisation d’autres cultures et un plan d’urgence en cas d’événements extraordinaires – un attentat par exemple – devra être élaboré.
«Nous avons conclu que [ces essais] ne présentent pas de danger pour la santé humaine et pour l’environnement, assure Bruno Oberle. (…) Une commission contrôlera les tests. A partir de ses prises de position, nous pouvons décider à n’importe quel moment de les stopper.»
Ces disséminations expérimentales sont prévues de 2008 à 2010 sur les sites de la station de recherche Agroscope Reckenholz-Tänikon, en ville de Zurich, et au centre viticole du Caudoz à Pully (canton de Vaud). Elles concernent des lignées de blé présentant des résistances accrues à des champignons ainsi que des croisements d’une variété de blé avec une plante sauvage (égilope cylindrique).
Ces expériences font partie du programme national de recherche sur l’utilité et les risques de la dissémination de plantes génétiquement modifiées. Ce programme a été lancé après l’acceptation par le peuple du moratoire de cinq ans sur les produits agricoles génétiquement modifiés, en novembre 2005.
Les chercheurs de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) et de l’Université de Zurich veulent savoir si la résistance accrue aux champignons que présente le blé génétiquement modifié subsiste en plein champ. Ils comptent aussi étudier la biosécurité et les conséquences d’une transmission d’OGM aux plantes sauvages.
Recours possibles
Après cette décision, des recours sont possibles d’ici trente jours auprès du Tribunal administratif fédéral, la dernière instance étant le Tribunal fédéral.
Les essais pourront être contestés à Pully mais pas à Zurich-Reckenholz. Raison à cela: les deux opposants zurichois ne résident pas dans le périmètre défini par l’OFEV, qui s’étend à un kilomètre autour des champs concernés.
Les conditions fixées par l’OFEV pour déterminer les personnes habilitées à recourir peuvent également être remises en cause auprès du tribunal, précise Bruno Oberle. D’après lui, le périmètre de 1000 mètres correspond à la distance maximale de dispersion de pollen documentée dans la littérature scientifique.
Bruno Oberle précise aussi que les conditions d’octroi d’une autorisation ont changé ces dernières années et que la base légale est nettememnt plus claire que lors des derniers essais en 2004.
Greenpace menace
Greenpeace Suisse se dit «indignée» par l’octroi de cette autorisation. «L’OFEV a donné son aval bien que les documents du dossier pour demander l’autorisation ne contiennent pas certaines données importantes nécessaires à l’évaluation de potentiels impacts négatifs sur d’autres organismes».
«Les effets sur d’autres organismes ne doivent ainsi plus être testés en laboratoire ou sous serre, ils peuvent maintenant l’être directement en pleine terre. Ceci montre que c’est le fonctionnement de bases de plantes GM qui est le but de cette expérience, et non la protection de l’environnement contre des ravageurs potentiels», critique Marianne Künzle, chargée de la protection génétique auprès de l’organisation écologiste.
Conséquence de cette décision, Greenpeace assure qu’elle étudiera soigneusement les arguments sur lesquels se base l’OFEV et «se montrera créative dans sa recherche de moyens pour lutter contre cette dissémination d’OGM».

