Le Rhône se mobilise contre une plante allergisante
LYON (Reuters) – La campagne d’arrachage de l’ambroisie a débuté dans la région Rhône-Alpes, la plus touchée par cette herbe sauvage au pollen particulièrement allergisant et qui doit être détruite avant sa floraison.
Cette plante devient nocive à partir du début du mois d’août, date à laquelle elle commence sa pollinisation qui provoque chez plus de 10% de la population rhinites, conjonctivites, irruptions cutanées et crises d’asthme.
La direction générale de la Santé a récemment lancé une mise en garde contre cette plante qui envahit les bords de route, les chantiers, les terrains vagues et les champs.
“On évalue à 1,6 million d’euros par an les dépenses de santé liées aux méfaits de l’ambroisie dans le seul département du Rhône”, explique Jean-Luc da Passano, vice-président du Conseil général du Rhône.
Le Rhône, qui a été le premier département infesté en France, lance pour la huitième année consécutive cette campagne de lutte contre l’envahisseur.
Près de 500 personnes sont mobilisées pendant l’été sur le terrain pour arracher et faucher, armées de gants et protégées par des masques, les plants d’ambroisie qui sont aussitôt détruits. L’été dernier, dix millions de plants ont été éliminés.
Un numéro vert (0 800 87 70 21) et un site internet (www.ambroisie.info) ont été mis en place pour informer la population et lui permettre de signaler les plantations d’ambroisie indésirables.
Des milliers de plaquettes et d’affiches sont mises à la disposition du public dans les mairies, les pharmacies et chez les médecins. Une cartographie satellite des zones infestées est en cours de réalisation.
Malgré tous ces efforts, l’ambroisie gagne chaque année du terrain. Le pollen, très volatil, peut être transporté sur 150 km par le vent et les graines d’ambroisie sont très résistantes.
Arrivée d’abord dans la région de l’aéroport de Lyon-satolas (certainement amenée par les avions en provenance du Canada), la graminée allergène a gagné aujourd’hui tous les départements de la région Rhône-Alpes et s’attaque aux pays d’Europe de l’Est.
“Si on est le seul département à lutter contre l’ambroisie, c’est peine perdue”, estime Jean-Luc da Passano qui s’apprête à saisir la Communauté européenne pour engager une action dans tous les pays d’Europe touchés par le fléau.

