Le moral des patrons allemands au beau fixe

La bonne santé de l’économie allemande a été confirmée, mardi 19 décembre, par la publication du “baromètre” de l’institut IFO. Avec 108,7 points en décembre (contre 106,8 en novembre), cet indice, qui reflète le climat des affaires et le moral des patrons, considéré comme un indicateur fiable de l’évolution de la conjoncture, n’a jamais été aussi bon depuis la réunification du pays. “L’économie allemande traverse un boom extraordinairement fort, qu’on n’avait pas vu depuis 1990″, a déclaré dans un communiqué le président de l’institut, Hans-Werner Sinn.
La hausse plus forte que prevu du “baromètre” IFO vient s’ajouter à plusieurs bonnes nouvelles. En octobre, le pays a enregistré un excédent commercial de 17,3 milliards d’euros, record là aussi depuis la réunification, malgré le fort taux de change de l’euro par rapport au dollar. Au-delà des exportations, l’envolée des investissements des entreprises et une timide reprise de la consommation privée ont redonné sa vitalité à l’économie, souligne Standard and Poor’s dans une étude publiée mardi. Le marché de l’emploi en profite. En novembre, le nombre de chômeurs est passé sous la barre symbolique des quatre millions. Enfin, les finances publiques se sont assainies, “et beaucoup plus vite qu’on ne l’imaginait au départ”, relève l’agence de notation. L’Allemagne va de nouveau respecter en 2006 le pacte de stabilité européen, qui limite les déficits publics à 3 % du produit intérieur brut. Elle l’enfreignait depuis 2002.
FORTE CROISSANCE EN 2007 ?
La montée de l’index IFO laisse entrevoir la poursuite d’une croissance soutenue l’an prochain, et c’est bien ce qui surprend le plus les économistes. Après un taux d’environ 2,5 % en 2006, de nombreuses estimations tablaient sur un recul à 1,4 % ou 1,5 % en 2007. En effet des menaces planent sur la première économie européenne : il faudra digérer la forte augmentation de la taxe sur la valeur ajoutée, qui passera en 2007 de 16 % à 19 %. Cela va sans doute freiner la consommation des ménages et dans la foulée l’ensemble de la croissance.
Le ralentissement prévu de la conjoncture mondiale l’an prochain, dans le sillage de l’essoufflement attendu de l’économie américaine, aurait de quoi inquiéter également le champion mondial des exportations. Pourtant les entrepreneurs allemands continuent “de voir de bonnes opportunités pour leurs affaires à l’export”, souligne l’institut IFO.
