Merkel garde le cap malgré la cagnotte fiscale

La chancelière soutient le ministre des Finances dans l’effort de consolidation budgétaire. Elle a de nouveau justifié les réformes en cours du gouvernement.
Les recettes fiscales ” jaillissantes ” en Allemagne ne feront pas dévier d’un iota le cours de la politique du gouvernement. La chancelière chrétienne-démocrate (CDU), Angela Merkel, s’est rangée hier aux côtés du ministre des Finances social-démocrate (SPD), Peer Steinbrück, en affirmant vouloir réserver la nouvelle manne fiscale à la réduction des déficits publics.
” Cela est juste “, a déclaré Merkel à la presse aux côtés du vice-chancelier Franz Müntefering (SPD). Après une séance de rentrée du Conseil des ministres en forme de mini-séminaire, elle a souligné que si des marges de manoeuvre existent au-delà de la hausse des recettes fiscales déjà actée dans le budget actuel, c’est un ” devoir, face à une dette nouvelle de 38 milliards d’euros inscrite au budget 2006, d’en réduire le montant dès cette année “. L’État affectera deux points de hausse de TVA l’an prochain à la réduction du déficit, pour porter ce dernier à moins de 3 % du PIB.
Peer Steinbrück est confiant dans le fait de repasser sous cette barre dès cette année, a-t-il confirmé hier sur la chaîne ZDF. Mais il a néanmoins jugé toujours ” très sérieuse ” la situation actuelle. Il a rappelé que l’Allemagne devait rembourser plus de 1.500 milliards d’euros de dette, ce qui occasionne 40 milliards d’euros d’intérêts par an. Avec la ” cagnotte ” fiscale estimée à 7 milliards d’euros, la prévision d’un excédent record de près de 10 milliards d’euros par l’Agence pour l’emploi est une autre bonne nouvelle pour le gouvernement.
Inquiétude des ménages. Cette déferlante de milliards a poussé certains leaders de la CDU à exiger un changement de cap dans la politique du gouvernement. Car la coalition s’est fait remarquer davantage par des mesures impopulaires, comme la retraite relevée à 67 ans, la suppression de niches fiscales et la hausse de la TVA. Malgré tout, le climat de la consommation mesuré par l’institut GfK a grimpé de 8 à 8,5 points en août. Sa composante mesurant les attentes pour les prochains mois est cependant en baisse continue, reflétant l’inquiétude des ménages sur l’évolution de leurs finances.
Sans changer de cap, Merkel s’est montrée déterminée à vouloir regagner la confiance des citoyens, tombée ces jours-ci au plus bas tant pour la CDU que pour le SPD. Et d’insister sur la ” volonté commune ” de la grande coalition de ” poursuivre ” les réformes. Elle a en particulier confirmé l’objectif d’aboutir début 2007 sur le projet très controversé en matière de santé publique. La réforme de la fiscalité des entreprises sera ficelée en fin d’année, couplée à un texte en faveur du capital-investissement.
