Le supercalculateur TERA-10 du CEA passe les premiers tests

Le supercalculateur TERA-10 est un « élève » doué, il serait même l’un des plus performants de sa génération.
A peine livré au Commissariat à l’Energie Atomique (CEA), il a passé avec succès tous les tests de validation. Il a fourni une puissance de plus de cinquante Teraflops soit 50.000 milliards d’opérations à la seconde !! La Direction des applications militaires (DAM) du CEA avait réceptionné le 20 décembre le supercalculateur TERA-10, d’une puissance de plus de 50 téraflops (50.000 milliards d’opérations à la seconde). Cette machine, fabriquée par la société Bull, est constituée de 4.352 processeurs double cœur Intel® Montecito (8.704 cœurs) reliés par un réseau d’interconnexion hautes performances Quadrics.
Ce supercalculateur va être intégré au programme « Simulation » où il fera office vedette auprès de la machine radiographique Airix et du Laser MegaJoules (LMJ). Le programme « Simulation », est un projet militaire qui a pour objectif d’assurer une certaine pérennité en terme de sûreté de la fiabilité de l’arsenal nucléaire français. Il a été mis en place pour remplacer les essais nucléaires de l’armée française et pour répondre à cette question comment, à l’avenir, garantir le fonctionnement, les performances et la sûreté des armes sans réaliser de nouveaux essais nucléaires ? Située dans les sous-sols du centre CEA, à Bruyères-le-Châtel, la machine Tera est au cœur du programme Simulation. Sa mission : reproduire par le calcul le fonctionnement d’une arme nucléaire. Il fait ainsi « tourner » des modèles physiques et mathématiques développés par le CEA à partir de données acquises lors des essais, notamment des six derniers, de 1995-1996, et décrivant les étapes physiques à l’œuvre dans une arme.
C’est là l’enjeu du programme Simulation de la Direction des applications militaires du CEA, lequel prend une importance particulière avec le remplacement des armes actuelles, les TN81, embarquées sous avions, qui seront relayées en 2007 par une nouvelle génération dite TNA, et les TNO qui équiperont, à la place des TN75 actuelles, les sous-marins lanceurs d’engins à partir de 2015. Pour Didier Besnard, directeur du programme Simulation « Les six essais supplémentaires de 1995-1996 ont permis d’acquérir des données physiques indispensables à la conduite du programme Simulation, et de valider un concept de charges dites robustes, dont le fonctionnement est peu sensible aux variations technologiques ».
Les adaptations et évolutions feront l’objet d’évaluations avec les outils du programme Simulation. Les simulations numériques, basées sur l’utilisation des nouveaux modèles prédictifs développés par les chercheurs de la Dam, seront effectuées avec le puissant ordinateur Tera. Des tests partiels seront alors menés avec les deux grandes installations expérimentales du programme, la machine à radiographier Airix et le Laser Mégajoule.
Le programme Simulation constitue un effort de 5,1 milliards d’euros sur quinze ans.
Le supercalculateur Tera-10 est installée sur le Centre DAM/île de France à Bruyères-le Châtel au sein du Complexe de calcul scientifique du CEA. Ce Complexe de calcul scientifique constitue le noyau de Ter@tec (Pôle européen de compétence en simulation numérique hautes performances en Île de France, association créée en août 2005) l’un des éléments essentiels du pôle de compétitivité Systematic qui a lui une vocation mondiale dans le domaine des logiciels et des systèmes complexes.
