Derrière l’iPod, une multitude de baladeurs protéiformes

Bien sûr, il y a l’iPod. Modèle de simplicité et d’ergonomie, le baladeur numérique d’Apple est devenu une référence dans l’univers de la musique mobile. Si ses capacités (5 000 chansons pour la version 20 Go) et son usage d’une facilité déconcertante y sont pour beaucoup, l’habileté du marketing d’Apple à le transformer en accessoire de mode et en signe extérieur de”branchitude” n’est pas étrangère à son succès planétaire.
Aucun baladeur n’a réussi à accéder à un tel niveau de notoriété. Et, pourtant, des appareils capables de lire des fichiers musicaux, il en existe plus d’une centaine, et il devrait s’en vendre près de 3 millions cette année en France !
A disque dur ou doté de mémoire flash, couplé à une clé USB ou multimédia, empâté ou poids plume, le baladeur numérique est l’archétype même de l’objet protéiforme. Ajoutons à cela l’imbroglio des normes de compression numérique (MP3, WMA, Atrac, AAC…), les soucis de compatibilité des baladeurs avec les sites légaux de distribution musicale (Itunes, Connect, Fnac.com, Virginmega…), sans oublier la gestion des droits musicaux (DRM), et on obtient l’une de ces salades technologiques indigestes dont l’industrie de l’électronique grand public a le secret.
Pour simplifier, disons que les lecteurs à disque dur sont réservés aux mélomanes qui aiment transporter dans leur poche une bonne partie de leur discothèque. Leur prix se situe dans une fourchette de 250 à 500 euros. Dans cette gamme, à côté de l’iPod (329 €), on trouve d’excellents appareils comme le Creative Jukebox (240 €) ou l’Archos Gmini 400 (320 €).
Moins chers et plus petits (à partir de 50 €), les baladeurs à mémoire interne (comme le YP-F1 de Samsung) offrent des capacités de stockage plus faibles, mais non négligeables (jusqu’à 300titres). Ce sont eux que l’on trouve en plus grand nombre.
LA CONTRE-ATTAQUE DE SONY
Dans cette jungle de produits relativement similaires, le bon réflexe consiste donc à vérifier que le baladeur gère aussi bien la musique téléchargée légalement que les morceaux échangés d’ordinateur à ordinateur ou copiés à partir d’un CD.
Il faut aussi regarder les petits “plus” présents sur tel ou tel modèle. Les constructeurs cherchent en effet à se démarquer en dotant leurs baladeurs de fonctionnalités plus ou moins utiles.
Chez MSI, par exemple, le Megaplayer 522 BT adopte Bluetooth (170 €) pour fonctionner de pair avec un téléphone portable compatible avec cette norme de transmissions sans fil. En cas d’appel, la sonnerie retentit dans le casque et interrompt le morceau. Pratique.
L’autre stratégie consiste pour les fabricants à suivre les pas d’Apple. Packard-Bell vient de donner de nouvelles couleurs à ses baladeurs Audiodream 512 Mo (169 €), pour les rendre plus “tendance” . Moins futile, la gamme Audiodream fonctionne avec la plateforme de téléchargement Music-station du constructeur.
Associer un baladeur à un site sur lequel l’utilisateur peut acheter en toute légalité sa musique est aussi l’option retenue par Sony. L’inventeur du Walkman, aujourd’hui peu à son aise dans l’ère de la musique mobile, va tenter de se refaire une santé avec le tout nouveau baladeur NW-HD5, qui fonctionne en relation avec la plateforme Connect (www.connect-europe.com) et ses 600 000 titres (le double pour l’Itunes d’Apple).
Décliné en rouge, noir ou argent, le HD5 à pour mission de redorer le blason de Sony auprès des amateurs de baladeurs haut de gamme à disque dur. Avec 20 Go de mémoire, le HD5 peut recevoir 13 000 chansons compressées au format Sony Atrac3plus 48 kbits/s ou 5 000 au format MP3 (128 kbits/s). Une version limitée proposera à l’avenir un disque dur de 30 Go. L’autonomie annoncée de la batterie est de 40 heures. Une performance atteinte uniquement en mode lecture des fichiers encodés au format Atracplus 48 kbits/s.
Plus intéressant, Sony a imaginé une ergonomie générale (avec un écran LCD de 7 lignes et des boutons disposés en forme de croix) qui facilite la navigation parmi les milliers de chansons. Un point qui fait souvent défaut. Il ne sert pas àgrand-chose d’avoir à portée d’oreille l’intégrale de U2 ou l’ensemble des concertos pour piano de Mozart si les retrouver s’apparente à un jeu de piste.
Face à cette concurrence, Apple entend bien perpétuer la suprématie de son joujou branché. Mille et une rumeurs précèdent d’ailleurs déjà l’arrivée du prochain iPod, prévue d’ici à la fin de l’année.
