Premier cas de chèvre victime de l’ESB

BRUXELLES/PARIS – La France a confirmé vendredi “le premier cas au monde” d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) décelé chez une chèvre originaire d’Ardèche et abattue en 2002.
Plus tôt dans la journée, la Commission européenne avait annoncé ce premier cas de “chèvre folle”. L’animal était atteint d’une maladie neuro-dégénérative du système nerveux central connue chez les bovins sous le nom de “vache folle” et provoquée par un agent infectieux, le prion.
“Il s’agit d’un cas unique”, précise le ministère de l’Agriculture dans un communiqué.
“Sur près de 60.000 chèvres ayant fait l’objet d’un test depuis 2002 en France, seulement une trentaine ont présenté un résultat positif au test de recherche des encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST) et seule cette chèvre présente un profil similaire à celui de l’ESB”, constate-t-il.
Il ajoute que la circulation du prion de l’ESB dans le cheptel caprin est “très peu probable” et que l’infectiosité du lait de chèvre n’a jamais été démontrée à ce jour. Aucune recommandation n’a été faite en vue d’un changement dans les habitudes de consommation de produits d’origine caprine.
Bruxelles propose néanmoins de “renforcer les tests pour déterminer si le cas (du caprin) est isolé”.
La Commission proposera aux experts des Etats membres de renforcer le programme de surveillance de la tremblante chez les caprins. Elle a saisi l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) d’une demande d’évaluation quantitative du risque, dont les résultats sont attendus pour le mois de juillet. L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a également été saisie.
Les éleveurs sereins
“Nous ne sommes pas actuellement, en 2005, dans la même situation qu’en 1996 en matière d’ESB”, observe le ministère de l’Agriculture, qui met l’accent sur “un renforcement” des systèmes de surveillance.
Dans les années 1990, l’ESB avait entraîné des abattages massifs de cheptels en Europe avant d’être maîtrisée.
Une centaine de personnes ont succombé à la variante humaine de ce fléau après avoir ingéré de la viande contaminée.
“Des mesures de précautions pour protéger les consommateurs sont en vigueur dans l’Union européenne depuis plusieurs années”, fait valoir la Commission, assurant que les risques pour les consommateurs sont donc “minimaux”.
“Toutes les mesures ont été mises en place, il y a longtemps, dans l’hypothèse d’un cas d’ESB par les pouvoirs publics”, a aussi relevé Marilyne Le Pape, directrice de l’Association nationale interprofessionnelle caprine (ANICAP).
“Nous ne sommes pas inquiets. Nous n’avons pas l’intention de faire de campagne d’information à destination du public”, a-t-elle dit à Reuters, assurant que “les produits laitiers (lait, fromage) ne sont pas concernés par l’ESB”.
De son côté, Louis Orenga, directeur du centre d’information des viandes, CIV, qui gère auprès du public la question de la vache folle en France, dit ne pas s’attendre à “une crise majeure” comme celle de 2000.
“Aujourd’hui, il n’y a pas spontanément d’inquiétude forte des consommateurs envers l’ESB”, a-t-il dit à Reuters, se fondant sur le dernier baromètre d’inquiétude réalisé en novembre 2004. “C’est l’un des plus faibles avec un taux de 26-27% contre un record de 60-65% en 2000-2001, lors de la crise de la vache folle”, a-t-il précisé.
“Je ne pense pas que cette information soit de nature à recréer une crise majeure dans le public. Quand les risques sont maîtrisés, ce qui est le cas, le consommateur est moins inquiet”, a-t-il ajouté.
Depuis plusieurs années, l’éventualité d’une transmission de l’ESB aux petits ruminants est prise en compte et des mesures de précaution sont en vigueur notamment l’interdiction des farines animales, le retrait à l’abattoir et la destruction des tissus à risque (cervelle, moelle épinière, etcÂ…), ainsi que l’abattage des troupeaux atteints de tremblante.
Parallèlement à ce dispositif, des tests sont réalisés depuis 2002 sur les chèvres abattues dans les abattoirs ou envoyées à l’équarrissage dans le cadre de la prévention contre la tremblante, une maladie semblable à l’ESB dans son expression clinique mais qui n’est pas transmissible à l’homme.
Premier cas de chèvre victime de l’ESB: pas de suspicion en Suisse
BRUXELLES – La Commission européenne a confirmé le premier cas de chèvre atteinte d’ESB. Elle propose d’intensifier les tests pour déterminer si l’exemple français est isolé. L’Office vétérinaire a indiqué qu’il n’y avait “pas de suspicion” en Suisse.
Le ministère français de l’agriculture a annoncé la confirmation d’un cas d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) chez une chèvre par un panel de scientifiques désigné par Bruxelles. La présence d’un agent infectieux présentant des similitudes avec l’agent de l’ESB (vache folle) avait été détectée sur une chèvre abattue en 2002.
Le commissaire européen à la santé, Markos Kyprianou, a rassuré les consommateurs. “Le programme de tests nous a indiqué que l’incidence des EST (encéphalopathie spongiforme transmissible) chez les caprins était très faible et nous a permis de détecter les animaux suspects afin de les retirer de la chaîne alimentaire, comme cela a été le cas pour cette chèvre et son troupeau”.
De son côté l’Office vétérinaire fédéral (OVF) a souligné que la Suisse avait pris très tôt des mesures préventives pour protéger les consommateurs. Elle examine grâce à un “vaste” programme lancé en été dernier si l’ESB existe en Suisse chez les moutons et les chèvres.
Quelque 20 000 animaux ont déjà été testés, a expliqué l’OVF. “Jusqu’à ce jour, il n’y a pas eu de suspicion d’ESB. Néanmoins un mouton atteint de tremblante typique et cinq moutons atteints de tremblante atypique ont été dépistés”.
