W + (D – d) × TQ / M × NA = en Grande-Bretagne, le jour le plus déprimant

“Tell me why I don’t like Mondays” : comme l’atteste le vieux tube du groupe rock Boomtown Rats, le lundi n’a jamais été le jour favori des Britanniques. Mais ce lundi 24 janvier bat tous les records de déprime, à en croire Cliff Arnalls, professeur de psychologie à l’université de Cardiff (pays de Galles).
“Traditionnellement, le lundi provoque une baisse d’énergie et le sentiment de perdre le contrôle des événements. Ce blues est aggravé le quatrième lundi de janvier, qui est le mois le plus déprimant de l’année”, explique cet expert en cafard saisonnier.
Il n’a pas retenu le 24 janvier en étudiant une boule de cristal, des tarots ou en analysant des entrailles de poisson. Aucune charlatanerie ou penchant astral à l’origine de son rapport, mais une bonne vieille formule mathématique : W + (D – d) × TQ / M × NA.
Vous additionnez la météo (W) à la différence entre l’endettement (D) et le salaire attendu à la fin du mois (d). Vous multipliez par le temps écoulé depuis Noël (T) et la période entre le vœu de la nouvelle année d’interrompre une mauvaise habitude et son échec (Q). Le tout est divisé par la motivation (M), multipliée par un coefficient mesurant la volonté de changer sa vie. CQFD.
Les travaux de recherche de M. Arnalls ont été financés par la chaîne par satellite thématique britannique Sky Travel, spécialisée dans le tourisme, pour mieux cerner l’évolution saisonnière des réservations d’avions et d’hôtels. “Reposez-vous et agissez plutôt en février. Prenez des vacances qui changeront votre humeur. A elle seule, la démarche de partir est le meilleur antidote contre la névrose de la fin janvier”, conseille l’auteur de l’enquête. Pour sortir le royaume de sa désespérance de début d’année, Sky Travel a d’ailleurs offert une série de promotions de dernière minute, au soleil comme à la neige.
Dans la City, le tapage médiatique autour des trouvailles de M. Arnalls a mis les nerfs à vif. “Sale période… Le lundi est déjà le jour le plus noir à cause des week-ends trop arrosés. Il y a aussi un emploi du temps très chargé avec une série de réunions pour préparer la semaine à venir. La plupart d’entre nous ont travaillé l’après-midi du dimanche, ce qui n’est pas bon pour le moral”, insiste un courtier des changes de la première place financière européenne. De plus, les fameuses primes sont versées début février, ce qui rend les opérateurs particulièrement anxieux : à l’approche de la date-butoir, bon nombre de banques licencient du personnel pour ne pas avoir à verser les bonus.
Le premier ministre, Tony Blair, a refusé de s’exprimer sur ce sujet. Tout juste son porte-parole a-t-il tenu à souligner le stoïcisme de l’hôte du 10 Downing Street “face aux prédictions cauchemardesques”. Buckingham Palace s’est borné à indiquer qu’en janvier la reine Elizabeth II passe traditionnellement ses vacances cloîtrée dans son château de Sandringham, dans le Norfolk.
