Un virus “homosexuel” bloque les écrans des sénateurs italiens

Considérée comme un “péché” par l’éphémère candidat commissaire européen Rocco Buttiglione, l’homosexualité a pris la forme d’un virus, lundi 22 novembre, pour les sénateurs italiens. Un pirate s’est introduit dans le système informatique du Sénat, bloquant tous les ordinateurs des parlementaires. En fond d’écran, les élus ont eu la surprise de découvrir une image représentant les ébats amoureux d’un couple d’hommes. Farce de mauvais goût ou acte politique ? Certains locataires du Palais Madame, qui abrite le Sénat, ont évoqué la possibilité d’un lien avec une affaire qui a fait grand bruit depuis l’été : le licenciement par le vice-président du Sénat, Domenico Fisichella, d’un de ses collaborateurs soupçonné d’être homosexuel.
L’homme en question, Dario Mattiello, avait été photographié début juillet lors d’une soirée au Gay Village, l’une des animations estivales de la ville de Rome. Quelques jours après la publication du cliché par l’hebdomadaire Panorama, il avait été prié de faire ses valises. Pourtant, le sénateur a toujours nié que les orientations sexuelles supposées de son employé soient le motif du licenciement. Il a mis en cause ses comportements sur le lieu de travail, notamment la fréquentation de sites Internet “inopportuns”. Les dénégations de M. Fisichella, sénateur d’Alliance nationale, n’ont pas convaincu la très berlusconienne ministre pour la parité, Stefania Prestigiacomo. Elle a annoncé, le 19 novembre, qu’elle avait recruté Dario Mattiello dans son propre cabinet. “Personne ne peut être discriminé sur son lieu de travail”, a-t-elle déclaré. Aussitôt, son collègue Roberto Castelli, ministre de la justice (Ligue du Nord), s’était inquiété de savoir s’il avait été embauché pour ses seules compétences. “Sinon, avait-il dit, il pourrait s’agir d’une discrimination à l’égard des hétérosexuels.” Mme Prestigiacomo nie avoir voulu faire un exemple : “C’est un fonctionnaire de très haut niveau qui parle six langues”, a-t-elle précisé.
Un collectif pour les droits des homosexuels a manifesté récemment devant le Sénat. Mais l’idée d’un virus vengeur est exclue par le sénateur de centre gauche Franco Grillini : “La communauté gay n’a jamais utilisé de tels moyens de lutte”, estime-t-il. Les informaticiens ont dû batailler plus de 24 heures pour retirer l’image et débloquer les ordinateurs des parlementaires.

N’importe quoi !!!