Monday, September 27 2004

Des épinards dans votre ordinateur…

Classification: Sciences @ 10:54:35

BOSTON (AP) – Grâce à des épinards, des chercheurs américains affirment avoir réussi à utiliser la photosynthèse pour créer un dispositif qui pourra, un jour peut-être, alimenter en énergie les ordinateurs portables, les téléphones mobiles et d’autres équipements électroniques.

La photosynthèse, processus qui permet aux plantes d’utiliser la lumière solaire, plutôt que les aliments, comme source d’énergie, est connue depuis des décennies. Mais les tentatives pour combiner l’organique et l’électronique avaient toujours échoué jusque-là. En effet, si l’on isole les protéines photosynthétiques qui capturent l’énergie de la lumière solaire, elles meurent, et si l’on injecte l’eau et le sel nécessaires à leur survie, le matériel électronique n’y résiste pas.

Shuguang Zhang, directeur adjoint du centre d’ingénierie biomédicale de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT), a trouvé une parade. Il a découvert que des éléments de base des protéines, appelés peptides détergents, pouvaient être manipulés pour maintenir les protéines en vie au contact de l’électronique jusqu’à trois semaines. “Stabiliser la protéine est crucial”, souligne Zhang, qui a collaboré avec des chercheurs du MIT, de l’université du Tennessee et du Laboratoire de recherche naval américain. “Le peptide détergent s’est avéré être un matériau formidable pour garder les protéines intactes.” Les scientifiques, dont la découverte a été rapportée dans Nano Letters, une publication de la Société américaine de chimie, ont ensuite créé un “sandwich aux épinards”.

Pourquoi les épinards ? En fait, n’importe quel type de plante aurait pu être utilisé. Mais les chercheurs ont jeté leur dévolu sur ce légume parce qu’il est “bon marché et facile à trouver dans les épiceries”, précise Zhang. Les épinards ont été broyés et purifiés pour isoler une protéine. Les chercheurs ont ensuite placé un mélange épinard-peptides sur un semi-conducteur organique entre une couche de verre et de métal. Une matière conductrice et une fine couche d’or garnissait la partie inférieure de la plaque en verre.
En dirigeant une lumière laser sur le “sandwich”, les chercheurs ont réussi à créer un très faible courant. Si ce dispositif seul ne peut générer suffisamment d’énergie, des milliards d’entre d’eux pourraient produire assez d’électricité pour alimenter un appareil.
“C’est comme un penny”, souligne Zhang. “Un seul ne sert pas à grand-chose mais un milliard de pennies représente beaucoup d’argent.”

Des applications pratiques ne sont pas envisageables avant au moins une décennie mais cette technologie présente l’avantage d’être légère et écologique. Les chercheurs estiment qu’elle pourrait être utilisée comme source d’énergie de secours pour des appareils portables fonctionnant sur batterie.

“Nous avons franchi le premier obstacle en intégrant avec succès un complexe moléculaire de protéine photosynthétique à un appareil électronique solide”, souligne Marc Baldo, professeur d’ingénierie électrique et d’informatique au MIT. AP




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