Les virus s’attaquent aux téléphones
On s’y attendait, on les redoutait. Déjà les canulars – des fausses alertes aux virus – avaient fleuri pour les détenteurs de téléphones dernier cri. Mais le temps des blagues est révolu, le premier virus de réseau se propageant par le biais de téléphones portables est apparu le 14 juin, selon plusieurs société anti-virus.
Ce sont les laboratoires de la compagnie russe Kaspersky, spécialisée dans la sécurité informatique, qui les premiers ont détecté le virus, baptisé Cabir. Il s’agit d’un ver qui se propage grâce aux appareils équipés de la technologie sans fil Bluetooth. Cette particularité limite pour l’instant la propagation du ver. Mais l’inquiétude gagne car cette technologie est en pleine expansion et, lorsqu’on en est équipé, il suffit de passer à proximité d’un appareil infecté pour qu’un tel ver puisse se propager.
Le virus est déguisé en un logiciel de sécurité installé dans certains téléphones équipés du système d’exploitation Symbian. Pour se répandre, il envoie une copie de lui-même au premier téléphone se trouvant dans le périmètre du réseau sans fil. Si l’utilisateur accepte de télécharger le fichier et l’exécute, le téléphone affiche le mot “Caribe” à l’écran. Le ver s’installe alors dans le système et s’exécute à chaque démarrage de l’appareil.
“C’est un virus ‘proof of concept’, explique Marc Blanchard, directeur du centre de recherche anti-virus de Kaspersky, c’est-à -dire destiné non à se propager et nuire mais à montrer que technologiquement, c’est possible.” Cabir aurait été créé par un groupe international de créateurs de virus qui sévit sous le pseudonyme “29 a”. Ce groupe est spécialisé dans la création de virus de démonstration destinés à mettre en évidence les failles des systèmes – il est à l’origine des premiers virus PC. Ce ver ne cause donc pas de dommages, mais réduit néanmoins l’autonomie de la batterie du fait de son activité.
L’essai ne demande plus qu’à être transformé. “Je pense qu’il faut se donner entre un an et demi et deux ans avant que les premiers virus dangereux destinés à se répandre à grande échelle n’apparaissent. C’est le temps de latence jusqu’ici observé entre le virus-concept et l’épidémie”, précise Marc Blanchard. Ce test est d’autant plus inquiétant que la technologie sans fil utilisée pour la propagation de ce ver équipe également d’autres d’appareils. Un virus bien plus nocif pourrait se propager sur le même mode et franchir la barrière des “espèces informatiques”, passant de l’ordinateur au téléphone, du téléphone à l’assistant numérique personnelâ?¦ Un autre pourrait avoir une action telle que l’appel simultané à partir de plusieurs téléphones, d’un standard téléphoniqueâ?¦
“Tout devient possible” selon les responsable de Kaspersky, et les hackers, on le sait, ne manquent pas d’imagination. On ose à peine imaginer un monde où les virus communiqueraient d’appareil en appareil. Une seule solution : se débrancher.
