Mobilisation en faveur d’une jeune pirate de musique
WASHINGTON (Reuters) – Plusieurs services d’échange de fichiers musicaux sur le web et un disc-jockey ont proposé de payer l’amende de 2.000 dollars (1.790 euros) à laquelle a été condamnée la mère d’une jeune New-Yorkaise qui avait mis à disposition des internautes un millier de morceaux de musique.
P2P United, une association regroupant différents services d’échange de fichiers, a annoncé jeudi qu’elle essayait de localiser Sylvia Torres afin de régler à sa place l’amende figurant dans le règlement à l’amiable, mardi, de poursuites judiciaires engagées par la Recording Industry Association of America (RIAA), qui défend les intérêts des maisons de disques.
Brother Wease, un disc-jockey de Rochester, dans l’Ã?tat de New York, a fait la même proposition. Quant au vendeur de musique en ligne MusicRebellion.com, celui-ci a proposé d’offrir à la fille de Sylvia Torres, Brianna Lahara, 12 ans, un crédit de 2.000 dollars en musique à télécharger sur son site en toute légalité.
Torres devrait en revanche être une exception, ces donateurs ayant précisé qu’ils ne régleraient pas l’ardoise des 260 autres personnes poursuivies par la RIAA pour avoir distribué des morceaux protégés sur des services d’échange gratuit comme Kazaa ou Grokster.
“Cela paraît tout à fait cohérent que P2P United paye l’amende de Brianna, puisque ce sont ses propres membres qui l’ont poussée à l’infraction”, a estimé le porte-parole de la RIAA, Jonathan Lamy.
Cette jeune fille de Manhattan est devenue un symbole pour ceux qui considèrent que la campagne de la RIAA est trop sévère.
“DES TYRANS”
“Parmi les millions de personnes qui téléchargent de la musique, il faut que ce soit une fille d’un lotissement de New York qui écope de 2.000 dollars d’amende”, s’indigne Wease, qui a proposé d’aider la mère grâce à un fond d’aide à l’enfance.
“J’ai juste l’impression que ces gens sont des tyrans”, a réagit pour sa part Wayne Rosso, président de Grokster et membre de P2P United. “Ce sont des taliban, version show-business”, a-t-il ajouté.
Le porte-parole de la RIAA, s’est défendu d’avoir voulu viser la jeune fille en particulier. Selon Lamy, les seules informations dont disposait la RIAA étaient le nom et l’adresse du propriétaire de la connexion internet lorsqu’elle a engagé les poursuites.
“Notre objectif n’est pas de gagner un concours de popularité mais de faire passer un message dissuasif pour que les gens prennent conscience des conséquences de ce comportement illégal”, a-t-il précisé.
Pour Rosso, l’industrie du disque devrait trouver une solution en collaboration avec le systèmes d’échange de fichiers, comme Grokster, afin qu’elle puisse tirer quelque bénéfice des milliards de morceaux téléchargés chaque mois. Il suggère le paiement de royalties par morceau, d’un montant fixe, comme dans le système en vigueur pour les stations de radios et les distributeurs de musique en ligne.
Mais, répond Lamy, ce système n’est pas viable, car il devrait prendre également en compte les films, les livres et les autres produits protégés par les lois sur les droits d’auteur, et être international.
Selon les responsables des services d’échanges, la fréquentation de ces réseaux n’a pas diminué depuis le déclenchement de la vague de procès par la RIAA, qui représente, en autres, Universal Music (Vivendi Universal), Warner Music (AOL Time Warner), Sony Music (Sony), BMG (Bertelsmann) et EMI.
