Monday, August 25 2003

Le piratage de musique serait en baisse

Classification: Internet @ 19:42:22

LOS ANGELES (Reuters) – Le piratage de musique par internet a diminué à partir de mai dernier, depuis le début d’une campagne de dissuasion menée par l’industrie du disque qui menace de poursuites judiciaires les internautes adeptes des services d’échange gratuit de fichiers.
Le nombre de foyers américains connectés à un service d’échange de fichiers “peer-to-peer” (P2P), après avoir atteint un record de 14,5 millions en avril 2003, est tombé à 12,7 millions en mai, puis 10,4 millions en juin, selon les chiffres de la société d’études NPD Group à partir d’un échantillon de 40.000 sondés.

Par extrapolation, NPD estime que le nombre de fichiers musicaux acquis, ce qui inclut les chansons échangées illégalement aussi bien que celles achetées sur un site web musical et celles copiées depuis un disque compact, est passé de 852 millions en avril à 655 millions en juin.
“Le partage de fichiers est aujourd’hui la méthode la plus répandue pour l’acquisition de musique”, a estimé Russ Crupnick, vice-président de NPD Group. “Même si nous ne pouvons pas dire catégoriquement que les efforts juridiques de la RIAA sont la seule cause de la diminution de l’acquisition de fichiers, il semble que ce soit plus qu’une simple baisse saisonnière.”

La RIAA (Recording Industry Association of America), l’association américaine qui représente les grandes maisons de disque, comme Warner Music d’AOL Time Warner, BMG de Bertelsmann AG, EMI Group, Sony Music de Sony et Universal Music Group de Vivendi Universal, avait lancé au printemps et à grand renfort de publicité une campagne de répression juridique du piratage musical.
Elle avait annoncé le 24 avril qu’une décision de justice rendait les internautes américains responsables du téléchargement illégal de fichiers protégés par des droits d’auteur, sans pouvoir en faire porter la responsabilité à leur fournisseur d’accès internet.
Le 29 avril, elle avait commencé à envoyer des centaines de milliers de messages instantanés aux internautes connectés sur un service P2P les avertissant qu’ils pouvaient être “facilement” identifiés et encouraient des “sanctions judiciaires”.
Le 25 juin, la RIAA avait déclaré qu’elle traquerait les utilisateurs les plus assidus des P2P et les poursuivrait en demandant des dédommagements pouvant aller jusque 150.000 dollars par infraction. L’association a depuis envoyé plus d’un millier de citations à comparaître à des internautes.

La société d’études NPD a donc supposé que la crainte de représailles judiciaires a conduit nombre d’internautes à renoncer au partage de fichiers.
Mais il semble cependant que certains aient choisi de prendre le risque de poursuivre leur activité. Entre avril et juin, le nombre moyen de fichiers musicaux téléchargés est passé de 59 à 63 parmi les internautes sondés par NPD.
“Nos données suggèrent que les tactiques judiciaires de la RIAA ont surtout un effet sur l’attitude des téléchargeurs les moins actifs”, a commenté Russ Crupnick.
La société d’études Nielsen NetRatings, qui mesure l’audience des sites et services internet, a elle aussi constaté une baisse de l’utilisation des services P2P en juillet.




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